Jeudi 19 février 2015 au soir, j’ai eu l’opportunité de participer à une dégustation d’une sélection de Rhums J.M. en présence de Dominique de la Guigneraye, représentant de la marque pour la France – entre autre. Et cela dans la Boutique Christian de Montaguère, haut lieu du rhum à Paris.

Dégustation de Rhums J.M

Dégustation de Rhums J.M

La dégustation débute peu après 18h. Le public est déjà nombreux et se complétera jusqu’à 20h passée. Christian et Jerry sont évidemment présents. (On reconnait quelques membres de la Confrérie du Rhum, même si aucun d’entre nous ne porte de signe distinctif).

Dominique nous présente la distillerie avec une petite vidéo en boucle sur une tablette, et évoque le terroir particulier associé.

Sur le flanc nord de la montagne Pelée, la distillerie a été créée à Macouba en 1845 par Jean-Marie Martin. Ce sont ses initiales, inscrites à la main sur les fûts pour les identifier sur les quais de chargement des ports, qui donneront le nom et le logo que tout le monde connaît aujourd’hui.
Le sol des 150ha du domaine est volcanique, et l’ensemble des opérations de broyage et réduction du rhum est réalisé avec une eau de source issue elle aussi des flancs de la montagne. On retrouve donc une minéralité marquée dans le produit, véritable ADN de la marque, complément d’un savoir-faire indéniable.

Dominique insiste sur le fait que le temps entre la coupe de la canne et son broyage doit être le plus court possible, afin de conserver toute la saveur de la canne.

La distillerie produit uniquement des rhums agricoles, issus de vesou, et détenteurs de l’AOC.

Viennent ensuite les produits à déguster ce soir. Ce sera dans l’ordre :

  • J.M. blanc 50%
  • J.M (élevé) sous bois 50%
JM Blanc & Sous Bois

JM Blanc & Sous Bois

Aujourd’hui, il n’est plus autorisé de parler de « rhum paille » pour une autre marque que St James : en effet, ce nom est déposé.

Le rhum blanc est frais après avoir passé une partie de la journée dans le coffre de la voiture de Dominique. Et il fait froid sur Paris, ces temps-ci. Cependant, loin de tuer les arômes, cette fraîcheur nous laisse découvrir un rhum vif, parfumé, végétal. La canne est présente au nez comme en bouche. Cette dernière présente aussi des notes de citron vert. Quand le rhum se réchauffe un peu, les fruits exotiques font leur apparition. Et rapidement, la finale poivrée typique des rhums J.M. se fait sentir.

Le rhum sous bois est un blanc qui a passé 12 mois en petit fûts de chêne neuf. On y retrouve les arômes du blanc avec une légère pointe de bois, comme l’évoque son nom et sa couleur.

Viennent ensuite les rhums vieux :

  • Rhum VSOP (Very Superior Old Pale – minimum 4 ans de vieillissement), 43%
  • Rhum XO (Extra Old – minimum 6 ans de vieillissement), 45%
  • Rhum 10 ans, millésime 2002, brut de fût filtré.
Rhums J.M. vieux

Rhums J.M. vieux

Dominique nous explique que le vieillissement aux Antilles est accéléré par rapport à un stockage en métropole. Une année aux Antilles correspond à 2 à 4 ans dans l’hexagone. La part des anges est aussi proportionnelle : ~10% du volume par an (~3x plus qu’en métropole !). Et évidemment, plus le fût se vide, plus cette part augmente d’année en année.
Ainsi, la distillerie pratique-t-elle annuellement le ouillage : Les tonneaux sont vidés, leur contenu rassemblé par lot dans une cuve puis remis en fûts suivant les directives du maître de chais, qui goûte le rhum à cette occasion pour en connaître l »évolution.

Notre maître de cérémonie précise aussi que les rhums vieux J.M. sont stockés en fûts de Bourbon (3 fournisseurs principaux, mais leurs noms resteront secret, évidemment), et que chaque fût est brûlé avant de servir au sein de la distillerie.

Le VSOP est un beau rhum aux reflets d’or brun. Le nez est puissant, boisé et aux teintes de café. La bouche est plutôt sur les épices (dominante cannelle). La finale, longue, est marquée par le poivré. C’est une constante J.M !
Le XO possède une robe plus soutenue. Le nez est plus épicé. La bouche est ronde, plus pleine que le précédent. Les épices sont toujours bien présentes (dominante vanille). Et la finale, dans la lignée de la bouche, est douce mais toujours poivrée.
Enfin, le 10 ans d’âge (un millésime 2002) est cuivré. Le nez est plus vif que ces camarades, mais s’efface aussi plus vite. La bouche amène des fruits secs. La finale, toute en subtilité, présente encore et toujours du poivré, mais ici, il est feutré.

Dominique nous précise qu’il existe un 15 ans d’âge, non présent à cette dégustation et pour cause : il y a peu de bouteilles de chaque millésime. Nous avons goûté le 2002 embouteillé en 2012. Dans 2 ans, nous découvrirons le 15 ans d’âge de ce même millésime. Christian et lui nous conseille donc d’acheter du 2002 en 10 ans rapidement, puisqu’il en reste pour pouvoir comparer l’an prochain avec le 15 ans 🙂

Arrivent enfin les rhums d’exception :

  • J.M. Cuvée 1845
  • J.M. multimillésime 2003-2004-2005
J.M. Rhums d'exception

J.M. Rhums d’exception

La Cuvée 1845 est une superbe carafe contenant un 10 ans d’âge dont le millésime reste un secret ! L’assemblage a été réalisé spécialement par le maître de chais en hommage au fondateur de la distillerie, pour les 170 ans de l’établissement.
Le nez est plus discret que le 2002, mais la bouche est tout d’abord fruitée, puis plus épicée (poivre, coriandre ?). La finale exceptionnellement longue est ample et poivrée (véritable fil conducteur de la marque) ! Peut-être légèrement fumée ?

Le multi-millésime est une nouveauté chez J.M.. Pour ma part, il est déjà dans ma cave, grâce à une Vente Privée. Ce rhum est plus fruité que les autres produits de la gamme : de l’abricot et des fruits secs, une touche de miel. Mais la finale reste typique, rassurez vous !

Dominique nous explique que cette nouveauté sera suive prochainement de quelques autres, des « finish » qui devraient pointer leur nez en juin… Peut-être une exclusivité pour le Rhum Fest 2015 (événement dont je vous parlerai bientôt en détail !) ?

Arrive la fin de la dégustation, avec là encore une nouveauté, un bonbon pour couronner cette dégustation : le Shrubb maison !
Une vraie sucrerie annoncée comme une liqueur d’orange, mais à 35% quand même. Dans la bouteille, le liquide paraît rubis; dans le verre, la couleur est plus or. L’orange amère est présente au nez avec le sucre. La bouche est parfaitement équilibrée de douceur, on cherche entre la clémentine ou l’orange qui l’emporte. Il n’y a pas la moindre trace d’acidité ! Un vrai plaisir.

A la fin de cette série, la boutique est pleine à craquer de participants à cette dégustation. Les conversations sont passionnantes et passionnées et promettent de durée encore de longues minutes pour prolonger la soirée. Certains demandent à regoûter tel ou tel rhum de la gamme présentée ce soir, afin de confirmer un éventuel achat.
Pour ma part, je repars peu avant 21h vers ma banlieue lointaine avec des saveurs plein les papilles.

Merci à Christian et son équipe pour l’accueil et avoir permis un tel événement. Merci à Dominique pour son animation, sa sélection et sa connaissance des produits présentés. Merci au public présent pour cet instant de partage.


Quelques liens & références :

 

Christian de Montaguère

Christian de Montaguère
20, rue de l’Abbé Grégoire – PARIS 6e
(Angle des rues Abbé Grégoire et Cherche-Midi)
Tél. : 09 51 89 40 55 – Fax : 01 42 84 30 61
Email : christian@christiandemontaguere.com
Métros : St Placide (L4) – Sèvres Babylone (L12)
Parking : Velpeau-Boucicaut, rue VelpeauOuvert le lundi de 14h à 19h
Du mardi au samedi de 11h à 19h


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